TOUT, TOUT, TOUT SUR LE LOUP !

Les chiens de protection des troupeaux sont utilisés en Europe depuis plus de 2’000 ans pour prévenir la déprédation des loups sur le bétail. Ils sont ainsi parmi les derniers chiens domestiques à rester en contact avec leur ancêtre (le loup) et les deux espèces se retrouvent en constante interaction sur les pâturages, soit indirectement (contacts olfactifs, visuels ou audios) ou directement (rencontres physiques).

Dans les Alpes, la déprédation par le loup sur les moutons en pâturage extensif est un défi sérieux pour les propriétaires de bétail et les bergers, et les pertes sont en augmentation malgré l’utilisation répandue des chiens de protection. Il devient ainsi urgent de déterminer la nature, la fréquence et le résultat des interactions entre chiens de protection et loups afin d’enrichir notre compréhension et d’optimiser les la protection des troupeaux dans le contexte pastoral alpin.

Notre projet CanOvis utilise la technologie d’imagerie thermique pour nous permettre d’observer directement des événements se produisant sur les pâturages estivaux de nuit et d’explorer les réponses comportementales des chiens à la présence du loup. Après six années et 3’300 heures d’observations nocturnes en direct, une partie de nos résultats vient d’être publiée dans le Journal of Vertebrate Biology. Nos données suggèrent que les interactions chiens de protection-loups sont complexes et ne surviennent pas uniquement dans les alentours directs des troupeaux. Nous recommandons ainsi d’utiliser des groupes de plus de six chiens et de renforcer la présence de ces derniers sur un plus grand rayon autour du troupeau pour limiter les groupes de moutons isolés et améliorer la protection contre les attaques de loup.

Retrouvez l’article complet en anglais (traduction française à venir) ici:

Jean-Marc Landry, Jean-Luc Borelli, Marine Drouilly “Interactions between livestock guarding dogs and wolves in the southern French Alps,” Journal of Vertebrate Biology, 69(3), 20078.1-18, (1 December 2020)